Maryline Chery remporte le prix Gratien-Gélinas 2026 !
Le prix Gratien-Gélinas récompense et encourage la relève en écriture dramatique en cherchant à susciter la production d’un texte inédit. Le lauréat du prix Gratien-Gélinas 2026 a été remis à Maryline Chery pour son texte MENAJ. Elle est la 31ème lauréate de ce prix remis annuellement par la Fondation du CEAD.
La lauréate remporte la bourse d’un montant de 10 000 $, alors qu’une prime à la création est mis en réserve pour la compagnie théâtrale qui portera le texte à la scène d’ici les deux prochaines années. Cette prime à la création est possible grâce au précieux soutien de Québecor et de Claude Breton, à la présidence du conseil d’administration de la Fondation.
Éloge du jury
« Le jury a été impressionné par la force de cette écriture, qui fait de la réunion de cousines à l’occasion d’un mariage haïtien le théâtre de personnages riches et étoffés, dont chacun porte une voix singulière. Loin des clichés, la pièce trouve ces moments précieux où le spécifique devient universel. Les archétypes y sont vivants, la complexité pleinement assumée, et la construction dramatique mène à une finale d’une grande beauté. Une œuvre généreuse et maîtrisée, qui témoigne d’une voix à suivre. »
Le jury était composé de la dramaturge Chloé Gagné Dion, du comédien et acteur Sébastien Rajotte et de Mishka Lavigne, auteure dramatique, traductrice théâtrale membre du CEAD et présidente du jury.
Maryline Chery est une comédienne, autrice dramatique et improvisatrice d’origine haïtienne. Elle a étudié les arts de la scène à l’Université Concordia. En 2021, elle présente son premier spectacle solo, AFRODISIAQUE, au Segal Centre for Performing Arts, avant de le reprendre au festival Zoofest (OFF Juste pour rire) au Monument-National, où la production remporte le prix du Spectacle de l’année en 2022. La saison suivante, elle entreprend une tournée montréalaise dans les maisons de la culture dans le cadre du programme CAM en tournée du Conseil des arts de Montréal, attirant des salles combles tout au long de la saison 2022–2023. Maryline Chery a également démontré un engagement à l’international, notamment en participant au 17e Sommet de la Francophonie à Erevan, en Arménie, en 2018, où elle a animé des ateliers d’écriture et d’interprétation. Son intérêt pour le mentorat s’est aussi manifesté par sa participation à la cohorte artistique du Black Theatre Workshop en 2018–2019. En parallèle de son travail de comédienne, elle a codirigé des projets tels que la deuxième édition du projet Racines au Théâtre Espace Libre en 2021. À la télévision, elle a joué dans des séries marquantes comme Doute raisonnable (2023) et District 31 (2020). Son parcours artistique a été souligné par plusieurs distinctions, dont le prix Gloria Mitchell Aleong, remis par le Black Theatre Workshop en 2022, qui reconnaît l’excellence, l’engagement communautaire et l’initiative artistique. En 2024, Maryline Chery reçoit le prix de Comédienne de théâtre de l’année au Gala Dynastie et publie sa première pièce, AFRODISIAQUE, chez Hurlantes Éditrices. En 2026, elle en publie également une traduction anglaise chez Playwright Canada Press. Animée par le désir de faire rayonner la richesse de la culture créole, Maryline Chery poursuit la création d’œuvres vibrantes, diversifiées et socialement engagées. Son travail reflète son identité tout en contribuant à l’essor d’une expression artistique forte et singulière.
MENAJ
Tatie Jo prend les rênes de l’organisation du mariage de son unique neveu, Jonas, à Montréal. Une cérémonie cruciale pour la lignée des Rossignol. Mais rien ne se déroule comme prévu. Les cousines, une joyeuse et éclectique bande de jeunes femmes ne se sont pas parlées depuis des années… Les tensions montent jusqu’au pire désastre: le traiteur annule. Pas de nourriture dans un mariage haïtien, ça JAMAIS ! Entre rires et malaises, que réussiront-elles à sauver? Le mariage ou leur précieuse sororité?
MENAJ est une comédie dramatique qui explore la dualité constante entre modernité et tradition. Elle met en lumière le rôle imposé aux femmes haïtiennes dans la transmission de l’héritage, portée par le corps. Si la diaspora haïtienne cesse d’enfanter, que restera-t-il d’Haïti?
Le jury a également accordé deux mentions : à Les mauvaises herbes n’existent pas de Mathieu Renaud et à Déguerpir d'Alice Tixidre. Tous deux remportent une bourse de 1 000 $.
Le prix Gratien-Gélinas est décerné chaque année depuis 1994. il encourage la relève en cherchant à susciter la production d'un texte inédit. Au cours des années, ce prix n'a cessé de gagner en prestige jusqu'à devenir le plus important prix consacré à la relève en écriture dramatique au Canada.
Le prix Gratien-Gélinas est le plus important prix canadien décerné aux auteurs et autrices dramatiques francophones de la relève, et ce, grâce au soutien de Québecor. Il est constitué d'un montant de 10 000 $, destinée à l'auteur ou l'autrice, alors qu'un montant de 15 000 $ est remis à la compagnie théâtrale qui portera le texte à la scène d’ici les deux prochaines années. Une bourse de 1 000 $ est également remise aux auteurs et autrices qui reçoivent une mention.
LES FINALISTES DE 2026
Maryline Chery
MENAJ
L’écriture de Maryline Chery se veut décoloniale, en confrontation directe avec l’ordre établi, et « empreinte d’un souffle de fantaisie sur une toile beaucoup trop grise ».
Son souhait avec la pièce « MENAJ » ?
« Que les gens tombent amoureux de ces huit femmes haïtiennes, (…) qu’ils ressentent tout l’amour et toute la réelle beauté d’Haïti, celle qu’on nous cache constamment. »
Son rêve pour le futur ?
« Continuer d’écrire, traduire MENAJ en anglais et, peut-être, en faire un film ? Qui sait ! »
Mathieu Renaud
Les mauvaises herbes n'existent pas
Pour Mathieu Renaud, le geste d’écriture vient du ventre.
Son souhait avec la pièce « Les mauvaises herbes n'existent pas » ?
« Que l’amitié, la discussion, la parole ; c’est ce qui nous sauve de la mort puisqu’elle permet tout le reste. Que le bruit que font les enfants, c’est le monde qui commence. Pis aussi… vive les bananes. »
Son rêve pour le futur ?
« Travailler=créer. Que j’arrête de devoir payer pour travailler=créer. Cette pièce, d’ailleurs en est un bon exemple: j’ai eu le privilège (…) d’être rémunéré pour l’écrire. Alors, tout ce que je me souhaite, c’est de pouvoir travailler=créer.»
Alice Tixidre
Déguerpir
Alice Tixidre décrit « Déguerpir » comme une comédie noire et ducharmienne.
Son souhait avec la pièce « Déguerpir » ?
« J’aimerais qu'ils soient déconcertés et qu'ils pleurent de rire. »
Son rêve pour le futur ?
« Écrire une comédie musicale avec Klô Pelgag. Voilà, c'est mis dans l'espace. »
Merci à notre partenaire
